Il fallait être très fort pour succéder au palmarès du Circuit de Saône et Loire au jeune retraité Cédric Jeanroch, vainqueur en 2009 sous les couleurs de Charvieu Chavagneux.
En l'absence du triple vainqueur de l'épreuve Jérémie Dérangère (SCO Dijon) au départ ce cette 46ème édition, les épouvantails se nommaient assurément Carl Naibo (US Montauban), Sylvain Georges (Creusot Cyclisme), Thomas Lebas (Aix en Provence) ou Tanel Kangert (EC Saint Etienne Loire). Et si Yoann Cauquil (Martigues SC) remportait la timbale, ses multiples accessits depuis début février plaident en faveur de sa présence à un tel niveau.
La première étape avait vendredi accouché d'un sprint de près de 50 coureurs. Un coup pour rien pourrait on dire, mais les 122 kilomètres menés tambour battant aurait tôt fait de peser dans les organismes d'ici l'étape décisive du dimanche et sa terrible montée d'Uchon. La victoire du Dijonnais Romain Villa permettait aussi à l'intéressé de voir le bout du tunnel après quelques mois de galère suite à ses problèmes de santé. La force collective des locaux était également à souligner puisque le Creusot Cyclisme était la seule formation à compter ses 5 coureurs dans le groupe de tête.

Yohan Cauquil fait coup double à Saint Sernin du Bois (Photo J. Rousson - Creusot Cyclisme)
Samedi matin, le peloton ne le savait peut être pas mais il s'élançait sur l'étape décisive. Pourtant, les 96 kilomètres entre Montceau les Mines et Saint Sernin du Bois n'étaient pas les plus effrayants du week end. Lancé à plus de 47 kilomètres dans la première heure, le peloton n'amusait pas la galerie. Ce rythme d'enfer était peu propice aux échappées, jusqu'à ce que les coureurs n'éprouvent le besoin de souffler un peu. 15 hommes en profitaient pour se dégager. Le maillot blanc Villa était présent, accompagné des excellents rouleurs Soupe, Jakin, Laborie, Rostollan ou Cumont. Les grimpeurs Cauquil, Colombatto ou Sonnery avaient su se glisser dans le bon coup. Mais il aura fallu auparavant résister au peloton, emmené par Roanne et Montauban, chassant à une vingtaine de secondes durant de nombreux kilomètres. Avant que Mainard, Grédy et Rabaud ne se lancent dans une poursuite vaine. A Saint Sernin, sur les bords de l'étang hôte du Critérium au mois d'Août, Yohan Cauquil remportait l'étape en costaud et endossait par la même le maillot blanc de leader devant Geoffrey Soupe et Christophe Laborie.

Comme en 2009, Sylvain Georges s'impose sur le contre la montre et sa côte (Photo J. Rousson - Creusot Cyclisme)
L'après midi, le contre la montre individuel sur les hauteurs du Creusot promettait de redistribuer les cartes ou tout au moins de dévoiler les ambitions de chacun. Déjà vainqueur de l'exercice en 2009, Sylvain Georges récidivait dans l'exercice de 5 kilomètres 700 et ses pentes à plus de 20% avec plus de 10 secondes d'avance sur l'Estonien Tanel Kangert (Saint Etienne) et près de 20 sur le Martégal Yan Durand, équipier de Cauquil qui, 8ème, renforçait son maillot blanc de leader.
Mais avec 10 coureurs sous la minute et plus de 30 sous les 2 minutes, l'ancien professionnel n'avait aucune marge de manoeuvre avant la dernière étape et les pourcentages de Dettey puis d'Uchon. L'Auvergnat de Sojasun Christophe Laborie pointait à 4 secondes seulement, l'Erbaton Geoffrey Soupe à 5.

Tanel Kangert vient de remporter l'étape après un numéro de 60 kilomètres (Photo J. Rousson - Creusot Cyclisme)
Dans cette dernière étape, Cauquil allait tout connaître. La chute tout d'abord, dès les premiers kilomètres. Puis le soutien de ses équipiers, bien aidés dans un premier temps par Vaulx en Velin et Pavilly Barentin qui n'avaient su accompagner un premier groupe d'une vingtaine d'hommes. Aussitôt la situation rétablie, ce sont 11 coureurs qui allaient ouvrir la route. Les Belges Steve Abts et Nico Kuypers (Soenens Jartazi), Julien Rabaud (UV Aube), Fabien Lebeau et Alo Jakin (Villeneuve St Germain), Laurent Denonfoux (Aix en Provence), Melvin Rullière (Charvieu), Pierre Luc Périchon (SCO Dijon), Xavier Brun (Saint Etienne) Frédéric Finot (Creusot Cyclisme) et Sébastien Grédy (CC Etupes).
L'entente était cordiale et l'écart allait grimper jusqu'à atteindre 3 minutes au coeur du Morvan sur un peloton emmené par les hommes de Cauquil. L'erbaton Grédy était virtuel maillot blanc. Avant que la grande bagarre ne commence. La côte du Beauvoir était mise à profit par Creusot Cyclisme pour déclencher les hostilités. Ne poursuivant pas leur effort, les coéquipiers de Sonnery ne parvenaient à isoler Cauquil. L'audacieux Tanel Kangert se lançait lui dans une folle entreprise et partait en solitaire. Pas si folle que cela puisque dans la montée de Dettey, l'Estonien revenait déjà sur l'échappée et suivait Rabaud et Kuypers qui ouvraient dorénavant la route. Le peloton explosait notamment sous les coups de boutoir du remuant Naibo.
La monté d'Uchon scellait, presque définitivement, les positions. Kangert s'envolait, sans trop le vouloir, en solitaire vers le succès. L'étape, c'est sûr mais l'Estonien visait également le classement final. Cauquil ne tremblait pas dans l'ascension mais commettait une nouvelle erreur dans la descente et se retrouvait au tapis. Le temps de remonter en selle, le leader était relégué dans un second groupe. Si le Martégal ne trouvait du soutien qu'en les Caladois Canard et Hartmann, son retour à l'avant n'était possible qu'en raison d'une mauvaise cohésion à l'avant. Ses derniers efforts, dans la côte de la Chaume allaient lui permettre de conserver 15 secondes au général sur l'époustouflant Tanel Kangert, devancé au final par Laborie, 2nd et Villa 3ème. Le Belge Steve Abts terminait meilleur grimpeur, Laborie l'emportait aux points, le vétéran Reimherr empochait le maillot des rushs et Villa celui du combiné.

La joie dans le camp Martégal pour Cauquil entouré de ses équipiers Mihaylov et Durand (Photo A. Bollery - Creusot Infos)

le podium final : Villa, Reimherr, Laborie, Cauquil, Abts, Schultz et Kangert (Photo J. Rousson - Creusot Cyclisme)









