CIRCUIT MÉDITERRANÉEN
Courses au Soleil
Par Claude SOUBIELLEC’est grâce à un écart de trois centimètres que le nordiste s’impose face à Lamoisson sur ce Girona-Perpignan, au moment où les premiers flocons de neige, s’installent sur la ville. Show froid sensationnel au terme de ce premier week-end de course.
Le temps est au repos sur Gérone, lorsque s’élancent les 134 rescapés. Bien vite Daeninck (Nogent) et Pérez (Aix) mettent furtivement le nez à la fenêtre. A l’approche de Figueres, Mazies (Martigues) et Fondard (Dijon) les imitent. En toile de fond, l’horizon s’assombrit côté Canigou, ce qui ne décourage point ce duo d’attaquants qui amplifie son avance laquelle passe de trente secondes (à hauteur du casino de Peralada), à un maximum de 2’10’’ à Llançà. Les premiers capis qui longent la côte méditerranéenne vont venir à bout des fuyards, obligés de rendre les armes à Colera (km 62). C’est sur la Côte Vermeille, qui en ce début février, n’a de vermeille que le nom, que débute un épisode plus convaincant. Coquard (Vendée U), Morel (Montauban), Turgis (Nogent) et Rostollan (Aix) partent à l’abordage des soubresauts de la côte rocheuse. 45’’ à Banyuls, 1’15’’ à Port-Vendres, 2’15’’ à Argelès, la cause semble entendue au moment où quelques fines gouttelettes s’impriment sur les pare-brise des véhicules suiveurs.

Fondard et Mazies sortent les premiers de Gérone - photo SportImagen.com

Le peloton vigilant, à l'image des Vaudais, Vendéens et Nogentais - photo SportImagen.com

Goutille accélère l'allure dans les "capis" de la côte méditerranéenne - photo SportImagen.com

photo SportImagen.com
55’’ à Canet sud, 20’’ au panneau annonçant les cinq derniers kilomètres, la course balance et change de cap, sous les soubresauts des équipes qui souhaitent s’expliquer au sprint. Nantes, Dijon, Aix, Roanne, Haguenau, Vaulx en Velin, Toucy, Nogent, les formations jouent des coudes et de la trajectoire pour aborder l’issue finale. Il y a même Plouhinec (Dammarie) et Noël (Besançon) qui, bien qu’esseulés, trouvent leur trajectoire. C’est le moment où les premiers flocons de neige se manifestent, à l’amorce de la flamme rouge. Lamoisson déjà vainqueur sur les courses juniors en 2006, tente d’établir un doublé, que lui contestent Briard (Nantes) et Laffillé. Ce dernier l’emporte, en lançant sa machine sur la ligne, au terme d’un rush époustouflant.

Morel et Turgis forcent la décision, Rostollan accroche le bon wagon - photo SportImagen.com

Rostollan a pris le relais, devant Coquard, Morel et Turgis - photo SportImagen.com

Une nouvelle fois, les Nantais au commandement du peloton - photo SportImagen.com

Les 4 auront compté plus de 2 minutes d'avance - photo SportImagen.com

Le peloton approche de Perpignan sous l'impulsion des Nantais et Nogentais - photo SportImagen.com

Lafillé, à gauche, devance Lamoisson et Briard - photo SportImagen.com

Sous la neige catalane, les Ligériens ont tout donné - Photo Jean Marc Hecquet

Lamoisson, Lafillé et Briard sur le podium - photo SportImagen.com
Le classement complet dans la rubrique Résultats.
Portrait du vainqueur :
Au terme d’un sprint massif, Ludwig Laffillé 20 ans, signe à Perpignan, sa première victoire chez les séniors. Un sprint tactique amorcé par l’équipe du C.C. Nogent sur Oise dans les faubourgs de la ville, par Delalot qui assure jusqu’au kilomètre, relayé par Laffillé qui assure son final.
« Je me suis bien débrouillé seul, pour affronter ce sprint massif, et quand Lamoisson a lancé l’envolée finale, aux deux cents mètres, je l’ai remonté peu à peu, jusqu’à la ligne commente Ludwig sur le podium. En vérité, comme c’était tellement serré, je ne savais pas qui avait gagné ! J’essaie de bien faire » rajoute-t-il.
Si une dizaine de succès couronnent sa jeune carrière, ce jeune espoir entend pleinement se consacrer à la Coupe de France des Clubs, que Nogent a remporté en 2011. Mais également figurent les épreuves de mars qui l’attendent dans sa région du Nord, que ce soit Lillers ou les Boucles de l’Artois. L’équipe de France n’est pas d’actualité ! Elle le sera un jour très certainement, mais pour l’heure il convient de laisser du temps au temps. Sur les Courses au Soleil, Ludwig ne peut échapper au clin d’œil, que l’on fait ici en Roussillon, par rapport à son père Jean-François, détenteur du record des victoires, au nombre de sept. Et d’ajouter : « Je sais que ma victoire à Perpignan, va lui faire plaisir, d’autant plus que lui aussi a triomphé, ici même, sur ce boulevard, au terme de la Ronde du Canigou 1987, qui reliait Barcelone à Perpignan ».

Ludwig Lafillé au micro de Gérard Desbouys - photo SportImagen.com
A deux pas de là, Charlie Leconte, un de ces directeurs sportifs, en raconte un peu plus :
« Ludwig va très vite et aux dires de son père, il va plus vite que lui. Ce garçon charmant, poursuit une progression tranquille et, chez nous au C.C. Nogent, nous ne lui mettons aucune pression. Au sein de notre groupe pour « remplacer » Arnaud Demare, nous avons quelques jeunes sprinteurs comme Maurelet, Defretin ou Laffillé. Nous ne sommes pas démunis, c’est pourquoi ces jeunes peuvent être libérés. »






