CRITERIUM DU DAUPHINE 2011 (5-12 juin)
Bernard Thévenet en gardien du patrimoineQuand la société ASO est devenue l’organisatrice du Critérium du Dauphiné, en 2010, elle s’est tournée tout naturellement vers Bernard Thévenet pour lui proposer d’en être le directeur de course. Le double vainqueur du Tour de France, également victorieux à deux reprises de cette épreuve (1975, 1976), vit près de Grenoble, connaît parfaitement les routes de sa région, et il endosse avec fierté la responsabilité de faire vivre une course qui est, depuis sa création en 1947, un point de passage obligé avant le Tour de France.
En 2011, ni Alberto Contador ni Andy Schleck, les deux premiers du Tour de France 2010, ne seront présents dans l’épreuve mais dans la catégorie des coureurs attendus au prochain mois de juillet, tous les autres seront sur la ligne de départ de Saint-Jean de Maurienne, Cadel Evans, Ivan Basso, Alexandre Vinokourov, Robert Gesink, Bradley Wiggins, Samuel Sanchez, Tony Martin, Jürgen Van den Broeck ou le vainqueur sortant Janez Brajkovic. La course, arbitrée par des coureurs français décomplexés, promet d’être intense.
« La différence avec mon époque, précise Thévenet, est que le Tour occupe les esprits des coureurs trois mois avant le départ et qu’il s’adresse désormais à des spécialistes qui ne pensent qu’à ça. Le Critérium du Dauphiné subit aussi une concurrence plus intense avec le Tour de Suisse, le Tour d’Italie et quelques autres épreuves comme le Tour de Californie mais son intérêt reste le même et les champions au départ savent qu’il s’agit d’une course à proprement parler, d’un rendez-vous majeur. »
Néanmoins, afin de répondre aux attentes de chacun, Bernard Thévenet a concocté un parcours très équilibré, proposant deux étapes de haute montagne, deux autres de moyenne montagne et un contre la montre très exigeant à Grenoble. Le même, rigoureusement, que celui programmé dans le Tour de France, à la veille de l’arrivée finale à Paris.
« C’est une grande première, assure le directeur du Critérium du Dauphiné, jamais cela ne s’était produit et bien entendu c’est le moyen pour les protagonistes du Tour de se livrer à un vrai test et non pas à une simple reconnaissance. Dans ce parcours, il y a en a pour toutes les catégories de coureurs et les deux gros morceaux de la semaine seront donc ce contre la montre (41 km) et l’ascension du col du Glandon (22 km) précédant l’arrivée à la Toussuire le dernier jour ! »
Bernard Thévenet décrypte le parcours
Dimanche 5 juin, prologue à Saint-Jean de Maurienne (5,4 km) : « Il y a une côte de 900 mètres dès le départ, ce qui nécessitera pour les coureurs un très bon échauffement. Pour gagner, il ne faudra pas être « diesel ». Ensuite, c’est facile. Je suis d’avis qu’un prologue serve à établir une hiérarchie, pas à faire des différences. »
Lundi 6 juin, 1ère étape Albertville-Saint Pierre de Chartreuse (144 km) : « Saint-Pierre de Chartreuse voulait absolument accueillir le Critérium et nous avons fait le pari d’y aller tout de suite. Volontairement, le parcours ne sera pas trop difficile. Il y aura 2 ou 3 côtes casse-pattes comme celle de Chambéry que les coureurs avaient gravi dans l’autre sens lors du championnat du monde en 1989. En revanche, l’arrivée sera compliquée avec une rampe finale de près de 10 kilomètres. »
Mardi 7 juin, 2ème étape Voiron-Lyon (179 km) : « Pour quitter l’Isère, il faudra escalader le col du Chat qui sera sans doute propice à des attaques et à une échappée. Ensuite, nous nous rendons à Lyon et l’arrivée, comme le souhaitaient les élus, sera jugée au sommet de la Croix-Rousse. En 2000, Frédéric Guesdon y avait remporté une étape du Critérium du Dauphiné-Libéré. C’est une très belle arrivée, idéale pour un puncheur. »
Mercredi 8 juin, 3ème étape Grenoble-Grenoble (41 km) : « Cette étape est un événement de l’année cycliste, proposant aux coureurs le parcours qui définira le classement final du Tour de France en juillet. Dans sa première partie, il est identique au contre la montre du Tour de France 2002 mais les coureurs quitteront l’ascension de Chamrousse après deux kilomètres pour bifurquer vers Grenoble et finir sur une route très large. Ce n’est donc pas un contre la montre pour grimpeurs mais pour coureurs complets. »
Jeudi 9 juin, 4ème étape La Motte Servolex-Mâcon (173,5 km) : « C’est l’étape des sprinteurs, il était important de servir tout le monde ! Aucune difficulté dans ce tracé et une arrivée en bord de Saône, située un kilomètre avant celle de la dix-huitième étape du Tour de France 2006 gagnée par Matteo Tosatto ».
Vendredi 10 juin, 5ème étape Parc des Oiseaux-Villars les Dombes-Les Gets (210 km) : « C’est une étape de moyenne montagne dont la difficulté est croissante avec, à mi-course, la côte du Mont des Princes (5,5 km à 7%) puis dans le final, la côte de Chatillon et l’ascension vers Les Gets longue de 10,7 km »
Samedi 11 juin, 6ème étape Les Gets-Le Collet d’Allevard (192,5 km) : « Il s’agit de la première étape de haute montagne avec les ascensions des cols de Saint-Jean de Sixt, des Aravis, de Tamié dans la première partie. Les coureurs graviront ensuite le Grand Cucheron que très peu d’entre eux connaissent, très rarement escaladé dans le Tour de France et qui va faire mal aux jambes. Il faudra ensuite gravir le Collet d’Allevard, tout aussi difficile et où le Critérium avait déjà organisé une arrivée d’étape en 1992. Le petit Colombien Martin Farfan s’y était imposé. Deux ans plus tard, Pascal Hervé y avait également levé les bras. »
Dimanche 12 juin, 7ème étape Pontcharra-La Toussuire (117,5 km) : « C’est le gros morceau de la semaine, une étape très courte mais proposant deux ascensions très difficiles. Le col du Glandon (22 km à 7%) est la très grosse difficulté de la semaine, prolongé à son sommet par les deux derniers kilomètres du col de la Croix de Fer puis après la descente par l’escalade de la Toussuire. Cette arrivée finale du Critérium du Dauphiné 2011 sera spectaculaire. »







