TOUR D’ESPAGNE 2011
Entretien avec Bradley Wiggins (Team Sky) pendant la journée de repos : « Je suis en très bonne position !»
Q : Bradley avez-vous été contrarié de perdre une minute dans les 17 derniers kilomètres du contre la montre de Salamanque ?
Bradley Wiggins : Non pas du tout, je suis même très satisfait de ma performance, je n’ai pas coincé et j’ai respecté mon tableau de marche en prenant un départ très rapide. J’ai creusé les écarts sur tous ceux qui luttent pour le classement final du Tour d’Espagne, les Nibali, Rodriguez, Scarponi et les autres. Seul mon équipier Chris Froome est allé plus vite que moi mais ce n’est pas un adversaire. Je ne disputais pas le chrono pour battre Tony Martin mais pour être en bonne position à mi-vuelta. Je le suis. »
Q : N’est-ce pas dimanche dans la Covatilla que vous avez construit votre position ?
BW : Dans la Covatilla, tout le monde était à bloc. Quand je suis à 450 watts, comme ce fut le cas dans ce col qui est difficile, qui peut faire mieux ? Alberto Contador et Andy Schleck mais ils ne sont pas là. Je voyais certains de mes adversaires attaquer mais ils ne pouvaient pas maintenir leur vitesse et nous distancer. Au contraire, ils l’ont payé ! Le cyclisme a bien changé, on ne voit plus personne faire des numéros incroyables sans fléchir.

Photo Graham Watson/Vuelta a España
BW : J’ai pris le commandement au-dessus de la partie très dure de La Covatilla, à 3 kilomètres de l’arrivée et j’ai roulé vite, avec le vent de face, jusqu’à l’arrivée. Mais ce n’était pas long. Ce jour-là, pendant 3 kilomètres j’ai fait du Miguel Indurain ! Je n’avais jamais connu ça. Je l’ai fait aussi après le très gros travail de Chris Froome. C’est super ce qu’il lui arrive, qu’il porte le maillot rouge. Il le mérite et ça m’arrange parce qu’il va prendre la pression.
Q : Vous donnez l’impression d’avoir toujours beaucoup de sang-froid ?
BW : Je me connais très bien mais j’ai aussi la parfaite sensation des autres. Je devine instantanément quand ils ne sont pas bien. C’est une force que je sais exploiter.
Q : Cela vous console-t-il du Tour de France qui s’est arrêté pour vous en première semaine ?
BW : Oui on peut dire ça. Je suis content parce qu’il s’est passé seulement 8 semaines depuis ma chute et quand j’étais dans mon lit après l’opération, je n’imaginais pas que je serai 3e de la Vuelta après dix jours de course ! Ce mois de juillet a été difficile, je n’ai pas pu regarder le Tour à la télé jusqu’à la fin des Pyrénées et puis après j’étais comme un fan, très excité par ce que faisait Thomas Voeckler. Après dix jours de repos, j’ai fait dix jours de d’entraînement à Manchester puis dix jours de stage à Gérone en Espagne. Et je dispute pour la première fois la Vuelta, une Vuelta faite pour des grimpeurs ! Ma troisième place ici est la confirmation de ma métamorphose de pistard champion olympique ou du monde de poursuite en coureur de Grand Tour.
Q : Est-il vrai que vous ne privilégierez pas les Jeux Olympiques de 2012 à Londres ?
BW : Gagner une nouvelle médaille d’or ce serait très bien mais ce sera la quatrième, une de plus. Je pense pouvoir dire que me concernant, la question n’est pas de savoir si je suis capable de refaire ce que j’ai fait en 2009 (4e du Tour de France) mais quand je vais le gagner. Je suis un peu comme Cadel Evans avant juillet 2011. J’ai 31 ans et les années passent vite. Au départ du prochain Tour, cela fera déjà 3 ans que j’ai fini quatrième. En 2010, je n’étais pas en condition. En 2011 je suis tombé. Je dois absolument me concentrer sur le Tour.
Q : La probable arrivée de Mark Cavendish au Team Sky va-t-elle changer la donne ?
BW : Dans le Tour ? Si Mark vient chez Sky, c’est une équipe qui roulera naturellement en tête de peloton pendant la première semaine pour préparer ses sprints et je n’aurais qu’à suivre. A l’abri des turbulences.
Q : Et ici dans la Vuelta, comment cela va-t-il se passer avec Chris Froome ?
BW : Je ne sais pas, nous n’en avons pas encore parlé mais il n’y aura aucun problème entre nous ! »







