Igor Anton, depuis le départ du Tour d’Espagne à Séville, vivait un rêve. Deux victoires d’étape et le maillot rouge de leader sur le dos agrémentaient une course qu’il envisageait de gagner. Son rêve s’est transformé en cauchemar samedi, à 6,2 kilomètres de l’arrivée de la quatorzième étape Burgos-Pena Cabarga. Victime d’une chute à très vive allure et souffrant d’une fracture du coude droit, le coureur basque a été contraint à l’abandon.Son équipe, parfaitement homogène et soudée autour de lui, accomplissait son travail habituel pour contrôler la course et essayer de le placer au mieux au pied de l’ascension de Pena Cabarga qu’il voulait gagner et où il pouvait consolider son maillot rouge avec 20 nouvelles secondes de bonification.
Dans une partie descendante, sur une route large, le peloton bataillait à vive allure (80 km/h) et Igor Anton, au milieu du peloton et aux alentours de la vingtième place, a été à l’origine d’une très lourde chute, visiblement après avoir touché une roue. Tout s’est passé très très vite.
« Je suis tombé tout seul, dit-il. D’abord, j’ai cru avoir pris un trou ou un obstacle. Je ne sais pas… Mes mains ont ripé du guidon et j’ai fait un vol plané. Je me suis relevé, j’ai vu que je saignais un peu de partout. Je ne savais pas trop où j’étais ni ce qui m’arrivait. Mon premier réflexe, a été de vouloir remonter sur le vélo et j’ai vu que je ne pouvais pas plier mon coude droit. Le médecin de l’équipe est tout de suite venu, il m’a touché le bras et m’a dit « laisse tomber c’est cassé… » »
Juste devant lui, gisait à terre son camarade Egoï Martinez qui était pour lui un garde du corps depuis le départ de Séville, ne le quittant pas d’une semelle et étant prêt à lui prêter main forte immédiatement en cas de besoin. Dans son sillage, Martinez ne pouvait rien faire pour éviter la chute. Il s’est fracturé la clavicule et a été transporté à l’hôpital le plus proche.
Spectacle absolument désolant pour le directeur sportif Igor Gonzalez de Galdeano, terrassé, impuissant et accueillant dans sa voiture Igor Anton, lui-même sonné et ne semblant pas encore comprendre ce qui lui arrivait. Son patron l’a conduit au bus de l’équipe Euskaltel resté au bas de l’ascension de Pena Cabarga, a laissé son leader enfiler des vêtements avant de le conduire à l’hôpital.
A 27 ans, Igor Anton est décicément maudit dans la Vuelta. En 2008, il était sixième du classement général et envisageait le podium quand il a été victime d’une violente chute dans la treizième étape menant au sommet de l’Alto del Angliru. Victime d’une fracture de la hanche, il avait dû abandonner. Et il lui avait fallu toute l’année 2009 pour en effacer les traces et le souvenir.
Sûre de détenir un grand champion et un vanqueur potentiel, son équipe l’avait désigné leader de la Vuelta en janvier dernier au cours d’une stage d’avant saison. Il avait eu carte blanche pour se préparer, pour effectuer les reconnaissances qu’il estimait nécessaires et cette étape de Pena Cabarga, il l’avait en effet visualisée en août sans imaginer bien entendu que le péril viendrait d’une route large et apparemment sans danger.
Photo Unipublic/Graham Watson







