Rappelons qu'Alberto Contador, contrôlé positif au Clenbutérol sur le dernier Tour de France qu'il a remporté, est passible d'une sanction pouvant atteindre 2 ans de suspension. La semaine dernière, un membre de la commission disciplinaire de la RFEC, la fédération espagnole de cyclisme, avait ébruité dans la presse la recommandation de la dite commission : 1 année de suspension. Si celle ci devait être prononcée, Alberto Contador a déjà précisé qu'il ferait appel de la décision vendredi lors d'une conférence de presse. L'ibérique était en stage avec ses nouveaux coéquipiers de Saxo Bank Sungard mais a quitté ceux ci prématurément pour fuir la pression médiatique qui l'entoure.
Son avocat, dans son explication (à lire sur http://www.elmundo.es/elmundodeporte/2011/01/30/ciclismo/1296426209.html), utilise le précédent créé par Richad Gasquet. Le français avait en effet été contrôlé positif à un dérivé de la cocaïne et avait prouvé sa bonne foi, experts à l'appui, devant le Tribunal Arbitral du Sport, affirmant qu'un baiser avec une inconnue dans une discothèque de Miami était à l'origine de l'ingestion de cocaïne. Selon l'instance suprême, le français n'avait pas commis de faute ou négligence.
Et bien que les différents règlements antidopage, de l'AMA ou de l'UCI, précisent que chaque athlète est responsable de tout ce qui entre dans son organisme, on comprendra aisément que le cas du "Baiser Gasquet" devrait faire jurisprudence.
Un autre problème surgira à coup sûr de cette affaire : les disparités, entre les différents sports dans les sanctions infligées. Et pas simplement entre nations différentes. On prendra l'exemple du nageur Frédérick Bousquet, suspendu 2 mois pour négligence et un contrôle positif à l'heptaminol, alors qu'il y a 3 ans, Loic Herbreteau avait écopé de 6 mois de suspension.
Extrait de la décision du Tribunal Arbitral du Sport :
RICHARD GASQUET DISCULPÉ PAR LE TRIBUNAL ARBITRAL DU SPORT (TAS)
Lausanne, 17 décembre 2009
La formation du TAS a décidé de rejeter les appels après avoir déterminé que, dans cette affaire, Richard Gasquet n’avait commis aucune faute ou négligence au sens du règlement anti-dopage de l’ITF. La formation du TAS a relevé qu’un cas de dopage avait été correctement répertorié en raison de la présence d’une quantité minime de benzoylecgonine dans l’urine du joueur mais que cela n’était pas dû à une faute ou négligence du joueur. La formation a fondé sa décision sur les preuves fournies par les experts cités par le joueur et par l’ITF, qui ont établi que la quantité de métabolites de cocaïne était si faible qu’elle ne pouvait être que le résultat d’une exposition fortuite plutôt que d’une consommation de cocaïne dans des quantités usuelles pour un but récréatif. Par ailleurs, il a également été établi que le joueur n’était clairement pas un consommateur régulier de cocaïne, même pour des quantités infimes. En conséquence, la possibilité d’une contamination est devenue l’explication la plus plausible pour justifier la présence de métabolites de cocaïne dans l’urine du joueur.
Dans l’échelle des probabilités, la formation du TAS a conclu qu’il était plus probable que la contamination du joueur avec de la cocaïne ait été causée, comme Gasquet lui-même l’a toujours affirmé, par le fait d’embrasser une femme dans une discothèque à Miami la veille du contrôle anti-dopage et que le joueur avait apporté des preuves suffisantes pour établir la méthode d’ingestion. Les experts des parties ont admis que la quantité infime de cocaïne avait pu être transmise de cette manière. Les arbitres ont ajouté qu’il était impossible pour le joueur, même en prenant toutes les précautions nécessaires, de savoir qu’en embrassant une femme qu’il avait rencontrée dans un environnement non suspect, il pourrait être contaminé avec de la cocaïne. Le TAS n’a pas formellement annulé la décision du tribunal anti-dopage étant donné que Richard Gasquet n’avait pas lui-même déposé un appel contre sa suspension de deux mois et demi. Cependant, le TAS a précisé dans sa sentence que, dans l’hypothèse d’une infraction de dopage ultérieure, la présente affaire ne devrait pas être comptée comme un premier cas de dopage.







