PRESIDENTIAL TOUR OF TURKEY
11 au 18 Avril 2010
UNE COURSE DESORMAIS SOUS L’EMPRISE DE VISCONTI ET TAARAMAE
L’Italien de l’équipe ISD-Neri gagne la troisième étape à Marmaris et le jeune Estonien de Cofidis s’empare du maillot turquoise de leader
Andre Greipel a été vaincu, les armes à la main. Le vainqueur des deux premières étapes du Présidential Tour de Turquie n’a pu résister aux assauts répétés des équipes ISD-Neri et Cofidis et a craqué dans la dernière difficulté à 10 kilomètres de l’arrivée. Vainqueur à Marmaris, l’ancien champion d’Italie Giovanni Visconti a fort bien manœuvré, dans le final, le nouveau leader de l’épreuve Rein Taaramae, troisième de l’étape, accompagné de ses équipiers David Moncoutié et Remi Pauriol et le jeune Slovène Simon Spilak (Lampre-Farnese Vini), pas vraiment satisfait de sa deuxième place.
Sans doute Andre Greipel imaginait-il avoir fait le plus dur au sommet de la côte de Mugla quand avec ses équipiers Jan Ghyselink et Aleksejs Saramotins, il avait su annihiler les efforts d’un groupe de 25 coureurs sortis à mi-pente sous l’impulsion de Moncoutié et de Diego Caccia (ISD-Neri) en attendant patiemment que ses autres équipiers ne reviennent. Chose faite à un peu moins de 50 kilomètres de l’arrivée et, déjà, le triplé de l’Allemand semblait probable.
C’était donc sans compter sur l’équipe Cofidis partie à l’abordage dans la dernière côte, David Moncoutié entraînant avec lui Remi Pauriol et Rein Taaramae, déjà passé à l’attaque lundi dans le final de la deuxième étape, le Slovène Spilak et le très talentueux Giovanni Visconti, 27 ans et comptant dix victoires à son palmarès, dont la Clasica Sarda en février dernier.
Le peloton emmené par l’équipe HTC-Columbia a d’abord bien résisté en maintenant un écart de 13 secondes avant que Spilak et Moncoutié ne haussent le rythme et ne mettent l’échappée hors de portée.

Le Champion d'Estonie Rein Taaramae passe à l'attaque
« Nous n’avions pas de tactique préétablie sur la fin de course, assure Taaramae. Dans la côte, nous n’avons eu le temps de parler et dans la descente, nous allions trop vite. J’ai attaqué dans cette descente, à 5 kilomètres de l’arrivée, et résisté deux kilomètres puis Visconti m’a rattrapé. Je m’attendais à un contre de Moncoutié ou Pauriol mais ils étaient peut-être déjà fatigués. Du coup, tous les trois nous avons roulé pour créer des écarts au classement général. Je me suis souvenu que j’avais bien sprinté à Paris-Nice et au Tour de Catalogne mais à un kilomètre de l’arrivée, j’ai ressenti des crampes ».

David Moncoutié paie de sa personne pour créer l'écart. Cheula (Footon) est en train de céder.
Visconti, en bon puncheur, s’est donc adjugé la victoire, pour le plus grand plaisir de son formidable directeur sportif Luca Scinto qui ne désespère pas de convaincre la société RCS, organisatrice du Giro, d’inviter son équipe dans l’édition qui s’élancera début mai d’Amsterdam.
« Nous avons dans la voiture Luca Scinto qui nous encourage toujours à essayer et à durcir la course, dit Visconti. Etre offensif paie toujours. Nous n’avons pas fait toutes ces attaques seulement pour le plaisir. Peut-être avons-nous été critiqués pour nous être dépensés à 50 kilomètres de l’arrivée mais en cyclisme, on voit souvent les mêmes scénarios où les équipes de sprinters annulent les échappées. A nous, ce genre de film ne plaît pas, nous avons Oscar Gatto qui est assez véloce mais nous n’avons pas de sprinter à la hauteur d’André Greipel, donc il est dans notre intérêt de rendre la course dure. Cofidis nous a donné un bon coup de main dans la dernière côte. Après j’ai effectivement la chance d’être assez rapide. Cette victoire est assurément importante car le Tour de Turquie est une très belle course qui progresse à pas de géant, elle a le standing d’une épreuve du Pro Tour. Une victoire, quelle qu’elle soit, est importante, en plus, celle d’aujourd’hui a été acquise devant des coureurs très forts comme Taaramae et Moncoutié qui est dans le circuit depuis pas mal de temps. »

Giovanni Visconti a parfaitement maîtrisé son sprint malgré 3 Cofidis pas vraiment à l'aise tactiquement
Dans les deux prochains jours et deux étapes difficiles vers Pammukale mercredi et Fethiye jeudi, il y a fort à parier que Visconti et Taaramae tiennent encore les premiers rôles. Pour Cofidis toutefois, venue avec six coureurs en raison du calendrier surchargé et de coureurs blessés, notamment Julien El Farès, contrôler la course ne sera toutefois pas facile.
« Après le Tour de Catalogne, j’ai passé une semaine de vacances en Estonie et la semaine passée, j’ai seulement roulé trois fois deux heures, assure Taaramae, finalement heureux de disputer une course qui n’était pas prévue à son programme. Maintenant, ça va être difficile de protéger le maillot de leader. Je n’ai que cinq équipiers pour cela. Visconti va trop vite pour nous, il peut nous reprendre quelques secondes de bonification… Entre lui et moi, il n’y a qu’une seconde d’écart ce soir ! »

Spilak, Visconti et Taaramae sur le podium de la 3ème étape












