PRESIDENTIAL TOUR DE TURQUIE
11 au 18 avril 2010
LE COUP DE FORCE DE GIOVANNI VISCONTI A PAMUKKALE
Déjà vainqueur à Marmaris mardi, le jeune Italien a mené un raid concluant vers Pamukkale et y a réalisé le doublé victoire d’étape-maillot de leader
(Photos Tour de Turquie)
L’équipe ISD-Neri et son directeur sportif Luca Scinto ont offert un grand spectacle sur la route de la quatrième étape du Tour de Turquie Marmaris-Pamukkale (209 km). Dès la première difficulté, dans la longue ascension d’Akyaka, ils ont attaqué et fait vaciller l’équipe Cofidis qui s’en est remise au seul David Moncoutié pour rester dans le débat. A l’arrivée, Visconti a devancé l’Amériacin Tejay Van Garderen (HTC-Columbia) et le grimpeur de Cofidis. Le peloton a été relégué à plus de quatre minutes.
« Nous avions décidé de rester tranquilles en début d’étape, explique le directeur sportif de Cofidis Francis Van Londerseele, parce que Rein Taaramae n’avait que cinq équipiers pour défendre son maillot bleu de leader. Et puis, dans cette première ascension, ISD a lancé deux coureurs, Paolo Longo-Borghini et Oscar Gatto derrière ceux qui avaient déjà attaqué (le Japonais Yukihiro Doi, l’Espagnol Alberto Fernandez et Philipp Ludescher). Dès lors le combat n’a jamais cessé. »

Visconti manoeuvre les derniers rescapés de l'échappée : Moncoutié, Van Garderen et Doi
L’écart était déjà supérieur à sept minutes au km 60, avec encore près de cent kilomètres de routes vallonnées et exigeantes à avaler. Cofidis a reçu le soutien de l’équipe HTC-Columbia mais dans ces portions montantes et en présence d’un Taaramae qui n’avait pas récupéré de ses efforts de la veille, Cofidis n’avait pas une marge de progression importante. Le plan B de l’équipe ISD a alors été appliqué par Giovanni Visconti.
Il a en effet accompagné un contre à 120 km de l’arrivée lancé par ses compatriotes Salerno (De Rosa-Stac Plastic) et Gian-Paolo Cheula (Footon-Servetto). Avec lui David Moncoutié, et Tejay Van Garderen. Ils ont repris les cinq hommes de têtes à moins de 100 kilomètres de Pamukkale, site classé de l’Unesco, et la course est devenu un match opposant trois coureurs de l’équipe ISD-Neri à l’avant contre quatre coureurs de Cofidis parfois aidés par ceux de la formation Lampre-Farnese Vini, à l’arrière.
Le match a donc clairement tourné à l’avantage de Visconti qui a pu se concentrer sur une nouvelle victoire d’étape à trente kilomètres de l’arrivée, jugée en faux plat montant. En démontrant une nouvelle fois que cet ancien porteur du maillot rose du Giro pourrait être un protagoniste du prochain Tour d’Italie. Si son équipe était finalement retenue.
« C’est une victoire stratégique, dit-il, l’équipe ISD a vraiment bien couru. Gatto et Longo Borghini m’ont fait un travail phénoménal. C’était un duel entre ISD et Cofidis. Dans cette échappée, Moncoutié aurait pu faire preuve de plus de fair-play et coopérer dans le final dès lors que le classement général était établi et que c’est bien lui, désormais, le leader de Cofidis. Ça n’avait aucun sens qu’il ne roule pas. Tant pis, ça rend ma victoire plus belle. Je vais continuer à le surveiller ainsi que Van Garderen qui va bien en côte, mais vous avez pu remarquer depuis deux jours que j’ai une bonne équipe. »

Seconde victoire pour Visconti qui va se parer du maillot bleu de leader
Pas un mot du Français concernant les reproches faits par son rival mais il admettait que dès le départ les choses s’étaient bien mal engagées pour son équipe.
« L’étape a été vite mal engagée pour nous car on a laissé partir deux coureurs d’ISD, dit-il, mais comme nous allons disputer la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège ensuite, on ne pouvait pas s’user trop. J’ai essayé de relancer la course en attaquant, je pensais que d’autres Cofidis viendraient mais j’étais seul. A l’arrivée, Visconti était vraiment le plus fort. Demain, la dernière difficulté est vraiment trop loin de l’arrivée (94 km) pour faire la différence. Si l’arrivée était en côte, là oui, j’aurais promis d’attaquer ! »
Une version que refuse de croire le prometteur Américain Van Garderen qui a pleinement assumé les responsabilités que son équipe HTC-Columbia lui avaient mises sur le dos avant le prologue d’Istanbul.
« A l’arrivée, j’ai tenté ma chance, dit-il, mais Visconti est un bon sprinter. Si son équipe est fatiguée demain, on a encore un coup à jouer… On ne va pas admettre la défaite sans rien faire. En fait, si demain vers Fethiye, Moncoutié veut faire la course dans les côtes, il y a des gens qui vont avoir très mal aux jambes ! »
Oui, mais maintenant qu’il porte le maillot bleu sur les épaules, avec 16 secondes d’avance sur Van Garderen et 27 secondes sur Moncoutié, Visconti se dit très motivé à l’idée de gagner ce Tour de Turquie.
« Pour moi désormais, il est juste de vouloir gagner, dit l’Italien. C’est devenu un vrai objectif mais je ne garantis pas ma réussite car je n’ai jamais été un coureur de courses par étapes. En passant la ligne, j’ai embrassé mon alliance car j’avais quelque chose à me faire pardonner : hier, j’ai montré le bijou que m’a offert mon père pour mon anniversaire et ma copine en a été jalouse. Nous avons un bébé, Thomas, de 4 mois et demi et elle est seule à la maison pour l’élever. Ce n’est pas facile d’être coureur cycliste mais c’est encore plus dur d’être la compagne du coureur, donc je devrais lui montrer plus d’attention comme je l’ai fait aujourd’hui ».

Le podium de la quatrième étape












