PRESIDENTIAL TOUR DE TURQUIE
11 au 18 avril 2010
ANDRE GREIPEL REPREND SON ENVOL
Le sprinteur allemand obtient à Fethiye sa troisième victoire d’étape et reprend le maillot vert du classement par points.
Le combat engageant depuis mardi les équipes ISD-Neri et Cofidis a cessé, le leadership de Giovanni Visconti n’étant pas contesté jeudi par David Moncoutié. En dépit d’une échappée de six coureurs et notamment du Français Remi Pauriol, c’est au sprint que s’est jouée la cinquième étape du Tour de Turquie Denizli-Fethiye (221 km). Bien lancé par son équipier Mark Renshaw, Andre Greipel s’est de nouveau imposé en dominant l’Italien Mattia Gavazzi (Colnago-CSF) et le Hollandais Kenny Van Hummel (Skil-Shimano).
« Au cours du briefing, ce matin, j’ai senti que les gars avaient quand même le besoin de souffler, dit Francis Van Londerseele le directeur sportif de Cofidis. Cela fait deux jours qu’ils sont dans la bagarre et cette course est vraiment difficile ! »
Si David Moncoutié et Rein Taaramae notamment avaient donc décidé de rester tranquilles, leur équipier Remi Pauriol a néanmoins animé toute l’étape en se glissant dans une échappée de six coureurs, l’ancien champion du monde espoirs du contre la montre Adriano Malori (Lampre-Farnese Vini), l’Autrichien Christoph Sokoll (Vorarlberg-Corratec), les deux autres Italiens Aristide Ratti (Carmiooro-NGC) et Sergio Lagana (De Rosa-Stac Plastic) et l’Espagnol Jose-Antonio De Segovia (Xacobeo-Galicia).

Remi Pauriol (Cofidis) était l'homme fort de la longue échappée du jour.
Il mène ici devant l'Espagnol De Segovia (à droite) et l'Autrichien Sokoll (à gauche)
En dépit de la longueur de l’étape et des 100 derniers kilomètres favorables à la poursuite, l’équipe ISD-Neri du leader Giovanni Visconti n’a pas laissé une avance supérieure à 5 minutes aux fuyards qui ont néanmoins résisté jusqu’aux portes de Fethiye. Pauriol a attaqué en solitaire à 13 kilomètres de l’arrivée mais il a été repris à 5 kilomètres du but. Il s’est consolé en endossant le maillot rouge du classement des grimpeurs.
« Comme on fait la lessive nous-mêmes sur cette course, dit-il en rigolant, j’ai pensé que c’était bien de m’épargner cela ce soir en gagnant un maillot neuf, celui des grimpeurs ! J’avais vu sur le livre de route que si je passais en tête les deux sommets, ce maillot était pour moi. Maintenant, j’aimerais bien le ramener en France. Dans ce groupe de six échappés, poursuit-il, j’étais le plus fort, les autres n’en pouvaient plus, c’est pour ça que j’ai essayé de rester devant le plus longtemps possible. Cette étape me rassure sur ma condition. Depuis que je me suis cassé le fémur en août, j’ai pris du retard, je n’ai pas eu en début de saison mes résultats habituels, mais ça revient bien. Le parcours dur d’aujourd’hui m’a permis de faire du bon travail en vue des classiques ardennaises de la semaine prochaine. »

Constatant que ses compagnons d'échappée ne pouvaient lui être d'aucune utilité,
Remi Pauriol a tenté sa chance en solitaire à 13 kilomètres de l'arrivée
Une fois Pauriol maîtrisé, l’équipe HTC-Columbia a effectué son travail habituel et Andre Greipel en a profité pour gagner sa troisième étape de la semaine, sa neuvième victoire de la saison. En laissant croire que sa moisson de la semaine n’est pas encore terminée.
« Cette journée était vraiment dure pour la tête, dit-il. Nous avons roulé sur un parcours difficile. Notre équipe a pris la tête à 7 kilomètres de l’arrivée, du coup chacun des équipiers a dû prendre un long relais. A 1,3km de la fin, un coureur s’est intercalé dans notre train. Cela a obligé Mark Renshaw à prendre un dernier relais à environ 700 mètres de la ligne, ce qui est énorme. Une fois encore, l’équipe a été la clé du succès. On ne peut rêver mieux qu’un ancien champion du monde du contre-la-montre comme Bert Grabsch et un type comme Mark Renshaw pour emmener un sprint ! »

Andre Greipel (au centre) domine Mattia Gavazzi (à droite) et Kennyl Van Hummel (à gauche)
Au terme de cette longue journée qu’il redoutait un peu, le leader du Tour de Turquie Giovanni Visconti ne cachait pas sa satisfaction.
« J’ai eu la chance que parte, dès le début de l’étape, l’échappée juste, avec les hommes que nous souhaitions voir à l’avant. Pour nous, elle n’était pas dangereuse. Malgré tout, nous avons dû nous employer toute la journée en tête de peloton. Heureusement, l’équipe ISD-Neri est en grande condition. Elle m’a tenu à l’écart de tout risque aujourd’hui. Je tire quand même un coup de chapeau particulier à Oscar Gatto : après l’échappée d’hier et la fatigue qui en a résulté, il a roulé toute la journée aujourd’hui et il se permet d’aller faire aussi 6e du sprint ! »
(Photos Tour of Turkey)












