PRESIDENTIAL TOUR OF TURKEY
11 au 18 avril 2010
ELIA VIVIANI SIGNE SON ENTRÉE DANS LE MONDE DES PROS
Il gagne la septième étape Finike-Antalya au terme d’un sprint tumultueux que lui a contesté le leader de l’épreuve Giovanni Visconti.
Sur le front de mer à Antalya, Giovanni Visconti ne décolèrait pas. Deuxième de la septième étape du Tour de Turquie, il reprochait au vainqueur, son jeune compatriote Elia Viviani (Liquigas-Doimo) de lui avoir fermé la porte, sur la gauche de la route. Un autre Italien, Andrea Grendene (Lampre-Farnese Vini) a pris la troisième place tandis que l’Allemand Andre Greipel et tous ses équipiers de la formation HTC-Columbia ont été victimes d’une chute spectaculaire à un kilomètre de l’arrivée.
Cette étape vers Antalya n’offrait pas un terrain de jeu idéal aux candidats à une échappée mais elle a permis à un très bon coureur chinois Cheng Ji (Skil-Shimano) de se révéler. Accompagné des Italiens Adriano Malori (Lampre-Farnese Vini), Aristide Ratti (Carmiooro-NGC) et Giairo Ermeti (De Roisa-Stac Plastic) et de l’Espagnol Gustavo Rodriguez (Xacobeo-Galicia), ce coureur originaire de la province de Heilongjian a fait la preuve d’un grand tempérament pour relancer une échappée arrivée en bout de course à 10 kilomètres d’Antalya et tenter de piéger les Italiens qui faisaient cause commune contre lui.

Le Chinois Cheng Ji (à gauche) dans l'échappée du jour
Toutefois, comme ce fut si souvent le cas depuis le début de la semaine, le peloton ne leur a laissé aucune chance. La nouveauté est venue de l’équipe HTC-Columbia se désintéressant de la course jusqu’à trois kilomètres de l’arrivée à Antalya avant de prendre les choses en main. André Greipel, déjà victorieux à quatre reprises cette semaine, a alors vu tous ses équipiers se mettre en file indienne. C’est l’un d’eux, l’ancien champion du monde Bert Grabsch, qui a provoqué la chute dans un virage du dernier kilomètre. Abordant cette courbe trop vite, il a commis l’erreur d’utiliser le frein avant. Il est passé par-dessus son vélo, heurtant les barrières avec violence et entraînant une vingtaine de coureurs avec lui.
Aucun d’entre eux ne souffre d’une blessure sérieuse mais pour la victoire, ils étaient seulement une dizaine à pouvoir lutter.
Venu de la piste et après avoir disputé les championnats du monde de Ballerup, Elia Viviani dispute sa première course professionnelle avec l’équipe Liquigas-Doimo et c’est bien lui, à 21 ans, qui s’est imposé. Il est vrai en gênant Giovanni Visconti qui le remontait sur sa gauche. Le leader du Tour de Turquie, fou de rage, lui a fait part de son mécontentement dès la ligne d’arrivée franchie.
« Je suis déçu qu’un jeune comme Viviani à peine arrivé dans le peloton se livre à ce genre d’incorrection, dit-il. Il a tourné la tête, m’a regardé dans les yeux avant de se déporter et de me bloquer la porte. Il l’a vraiment fait exprès. Pour le reste, ça a été une journée positive, une de plus de gagnée avant la dernière étape du Tour de Turquie que je sens de plus en plus à ma portée. Heureusement que j’ai évité cette chute aujourd’hui à un kilomètre de l’arrivée… »

Visconti pas très satisfait de la victoire de Viviani, au centre. Grendene, à gauche, est troisième
Sur le podium protocolaire, Viviani n’a pas vraiment savouré son bonheur d’une première victoire professionnelle, n’osant pas regarder Visconti, ni même sourire. Puisqu’il ne pouvait démontrer son enthousiasme, il avoue avoir beaucoup profité de ce moment-là intérieurement.
«Je ressens un grand enthousiasme à remporter ici ma première victoire professionnelle, dit-il. D’autant que c’est aussi la première course à laquelle je participe avec l’équipe Liquigas-Doimo qui m’avait laissé à la disposition de l’équipe nationale italienne des moins de 23 ans pour préparer les championnats du monde sur piste. Depuis l’abandon de notre sprinter Francesco Chicchi, c’est place aux jeunes et nos résultats sont sastisfaisants: Davide Cimolai a terminé 2e à Finike et moi premier aujourd’hui. Je crois avoir réalisé un sprint propre. Dans un premier temps, je n’ai pas vu Visconti, ensuite j’ai vu qu’il essayait de me passer sur la gauche. Ce n’est pas de ma faute s’il a choisi le mauvais côté. Je suis désolé s’il considère que j’ai commis une faute. C’est un coureur que j’estime. Moi je suis jeune et je suis fier de l’avoir battu. »

Rémi Pauriol a assuré son maillot de meilleur grimpeur
Dimanche, les organisateurs du Presidential Tour de Turquie feront observer une minute de silence en mémoire du Président de la République Polonaise Lech Kaczynski, mort accidentellement la semaine dernière.












