TOUR D’ESPAGNE 2010 (28 août-19 septembre)
Etape 3, les déclarations
Philippe Gilbert (vainqueur de l’étape et maillot rouge): J’ai souffert et j’ai été distancé dans les trois derniers kilomètres du Puerto de Leon. J’ai perdu 30 secondes mais je n’ai pas paniqué parce que j’avais bien étudié le graphique et j’ai roulé à mon propre rythme. Ensuite j’ai pris beaucoup de risques dans la descente pour revenir. J’ai sauté de voiture en voiture. Une fois de retour dans le peloton, j’ai passé chaque coureur pour revenir parmi les vingt premiers. J’ai reçu une aide précieuse de mes équipiers, surtout Jan Bakelandts et Greg Van Avermaet, ce qui m’a permis d’entamer l’ascension dans les cinq premières positions. J’en connaissais tous les virages et les détails pour l’avoir faite en reconnaissance en voiture ce matin. C’était une montée finale similaire au Cauberg dans l’Amstel Gold Race. Je l’ai escaladée sur le grand plateau avec un 53 dents, en roulant vite : 35km/h. J’étais venu à la Vuelta pour préparer le championnat du monde et avec l’ambition de gagner une étape. Le deuxième point est déjà réussi. Je trouvais le temps long depuis la dernière fois que j’ai gagné une course, c’était la première étape du Tour de Belgique en mai. La surprise vient du fait que je prenne aussi le maillot de leader, mon premier dans un Grand Tour. Je vais faire tout ce que je peux pour respecter ce maillot désormais ».Photo : Philippe Gilbert nouveau leader (Photo Unipublic/Graham Watson)
Hendrik Redant (directeur sportif de Philippe Gilbert): « J’en ai eu des frissons. Philippe a été incroyable dans sa gestion de la course et dans le final pour contrôler Joaquin Rodriguez. C’est une belle victoire et un grand moment pour ses équipiers qui ont été formidables depuis le départ de Marbella. Dans le final, avec Serafin Martinez qui ne perdait pas beaucoup de temps, j’ai demandé à Jan Bakelandts de rouler fort et à Greg Van Avermaet de bien s’occuper de Philippe. Un très grand moment ! »
Joaquim Rodriguez (deuxième de l’étape): « Gilbert était le favori et j’ai échoué en raison d’une erreur de positionnement, mais même sans cela, Gilbert aurait gagné car il est plus rapide que moi. Je ne peux pas me lamenter de perdre contre lui, qui est un grand vainqueur. Je voulais aussi gagner l’étape car je me sentais très bien. Je me suis préparé pour la Vuelta à Andorre, comme je l’avais fait pour le Tour. On a encore eu une étape de grande chaleur aujourd’hui et certains coureurs vont en payer la facture. L’étape de demain est plus dure que celle d’aujourd’hui et elle me convient mieux. »
Dmitry Konyshev (Directeur sportif de Rodriguez): «Cette étape est l’histoire d’un grand coureur de classiques qui bat un grimpeur. Philipe Gilbert était intouchable mais c’était bien que Joaquin essaie. Il ne faut pas perdre de vue qu’il est là pour gagner la Vuelta ! Mardi la quatrième étape Malaga-Valdepenas de Jaen convient mieux à Joaquin, il peut la gagner. Je pense même qu’il va le faire ! »
Serafin Martinez (Xacobeo-Galicia, repris sous la flamme rouge) : « Je me suis aperçu que le Puerto de Leon comptait un kilomètre de trop pour moi. Sur la fin, j’étais à fond, mais quand même, à 5 km de l’arrivée, j’ai bien cru que j’allais gagner car on me disait dans l’oreillette que j’avais 1’30’’ d’avance. Je me suis retourné et j’ai vu le peloton. Et là ! Madre mia ! Le rêve s’est terminé. Je me console avec le maillot à pois que je vais essayer de conserver le plus longtemps possible mais l’objectif principal de notre équipe reste de remporter une étape. »
Arthur Vichot (dixième de l’étape) : « Je découvre le Tour d’Espagne, je souffre de la chaleur comme 90% des coureurs mais je suis en bonne condition. Ce n’est pas une victoire mais terminer dans les dix premiers de cette étape qui s’est achevée sur un rythme élevé, c’est très satisfaisant. Je sais aussi que je ne pouvais pas faire mieux ! »
Carlos Sastre (Cervélo) : «Le Vuelta ne fait que commencer et sera très longue mais cette étape était un premier test. Un final comme celui-là n’est jamais facile mais Cervélo a mis ses meilleurs coureurs dans le premier groupe. Pour moi c’était un bon test, rien de plus. Dans ces deux premières étapes, sous la chaleur et sur des routes usantes, j’ai déjà vu qui est très bien. Moi, je suis dans mon troisième Grand Tour et je ne suis pas mal… »
Eusebio Unzue (directeur sportif de la Caisse d’Epargne) : « C’est une victoire à la Gilbert ! Il est imbattable quand il est dans cette condition et sur son terrain. Nous avons roulé derrière les échappés parce que nous avons décidé, avec cinq ou six équipes, de le faire. Ensuite, David Arroyo (neuvième à 19’’) et Luis Leon Sanchez (vingtième à 25’’) ont rempli leur contrat ! »
Dave Braislford (Manager du Team Sky): “L’équipe est décimée. Dans la nuit, Ben Swift, John-Lee Augustyn, Simon Gerrans et Peter Kennaugh ont été malades et ont beaucoup vomi. Ben Swift a abandonné avant le départ réel, John-Lee Augustyn quelques kilomètres plus loin et je me demande comment Simon Gerrans et Peter Kennaugh ont pu rallier l’arrivée parce qu’ils sont dans un sale état. Tout le staff est touché et je ne sais pas ce que c’est, un virus ou une intoxication alimentaire. Les deux prochains jours vont être difficiles. »












